Depuis l’entree en vigueur du Code des societes et des associations (CSA) en 2019, le paysage des formes juridiques en Belgique s’est nettement simplifie. Le legislateur a ramene la dizaine de structures historiques a un socle reduit, organise autour de trois formes a responsabilite limitee : la SRL, la SA et la SC. Choisir entre elles est l’une des premieres decisions a poser quand on entame une creation de societe en Belgique, car elle conditionne la responsabilite des fondateurs, la souplesse de gouvernance et la maniere de faire entrer ou sortir des associes.

Vue d’ensemble

Les trois structures partagent la responsabilite limitee aux apports, mais different sur plusieurs criteres structurants :

CritereSRLSASC
Capital minimumAucun (plan financier obligatoire)61 500 EURAucun
Nombre d’associes minimum113
ResponsabiliteLimitee aux apportsLimitee aux apportsLimitee aux apports
Cession des partsRestreinte par defautLibre par defautTres souple
GouvernanceGerant(s)Conseil d’administrationConseil d’administration
Acte constitutifNotarieNotarieNotarie
Vocation typiquePME, projet familialGrande entreprise, levee de fondsBut cooperatif ou social

Dans les trois cas, la constitution passe par un acte notarie et par une inscription a la Banque-Carrefour des Entreprises pour obtenir un numero d’entreprise. La grande difference se joue donc moins sur la procedure que sur la logique du projet.

La SRL : forme dominante des PME

La SRL (societe a responsabilite limitee) a remplace l’ancienne SPRL. Elle est aujourd’hui le choix par defaut pour la majorite des PME belges, des projets familiaux et des professions liberales qui passent en societe. Le CSA a supprime l’exigence de capital minimum : il faut desormais reunir des capitaux propres de depart suffisants, justifies dans un plan financier solide qui couvre au moins les deux premieres annees d’activite.

Ses avantages sont nombreux :

  • une grande flexibilite dans la redaction des statuts ;
  • l’absence de capital minimum legal ;
  • une cession des parts encadree par defaut, qui protege les associes contre l’entree d’un tiers indesirable.

Son principal inconvenient tient a une gouvernance moins formalisee qu’une SA, parfois jugee moins rassurante par de gros investisseurs institutionnels. Pour les etapes concretes de constitution, voir notre guide pour creer une SRL etape par etape.

La SA : pour les structures plus lourdes

La SA (societe anonyme) reste pertinente pour :

  • les grandes entreprises disposant d’un capital eleve ;
  • les societes qui visent la cotation en bourse ;
  • les projets impliquant de nombreux investisseurs ;
  • les structures necessitant une gouvernance formalisee (conseil d’administration, comites).

Le capital minimum de 61 500 EUR doit etre integralement souscrit et liberé. La cession des actions est libre par defaut, ce qui facilite les operations capitalistiques, les augmentations de capital et l’entree-sortie d’actionnaires.

La SC : pour les projets cooperatifs

La SC (societe cooperative) est, depuis le CSA, reservee aux projets a finalite cooperative au sens strict. Elle suppose au moins trois associes et un but cooperatif verifiable. Attention : une SC qui ne respecterait pas ce caractere cooperatif peut etre requalifiee par le juge. Cas typiques : cooperatives de producteurs, magasins cooperatifs, energie citoyenne, finance solidaire.

Choisir : quelques reperes

  • demarrer une activite commerciale classique : SRL ;
  • lever des fonds importants ou viser la bourse : SA ;
  • porter un projet collectif a finalite societale : SC ;
  • comparer d’abord societe et statut d’entreprise individuelle avant de trancher ;
  • consulter un notaire pour valider le choix et rediger les statuts.

Quelle que soit la forme retenue, une societe implique une comptabilite en partie double et le respect d’obligations annuelles. Voir aussi BCE Banque-Carrefour des Entreprises et ISoc impot des societes . Voir les tarifs pour suivre la comptabilite de votre societe.